Choisir le naturel, est-ce mieux consommer? Quand mon aventure part en sucettes... 8 mois après, bilan

Oui, docteur, aujourd'hui j'accepte de voir cette satané vérité toute boutonneuse droit dans les yeux et d'entendre ce qu'elle a à me dire, cette vieille peau. Oui, cette quête d'une cosmétique plus respectueuse de mon corps, de mes cheveux et accessoirement de l'environnement (oui, je suis qu'un affreux animal égoïste), part complètement en sucettes! Mais à un point! J'ose même pas faire un bilan de ces 6 derniers mois, vous risquez de me foutre dans une caisse et me jeter à la mer.  Est-ce que j'ai changé mes habitudes? Heu.... Quelles sont mes nouvelles routines? Heu....Me suis-je au moins débarrassé de mes anciens produits complètement neuneu niveau composition? Heu... 


Et pourtant ce n'est pas la motivation qui me manque. Mais je me dois de constater qu'à part être revenue à mes cheveux crépues, j'ai pas fait grand chose depuis 8 mois! Bon, disons qu'au début, je m'y suis mise à fond. J'ai acheté du savon d'alep par ci, du rhassoul par là, des nouvelles crèmes avec moins de cochonneries et en novembre, j'ai fait une grosse commande sur Aroma-zone : huiles et beurres végétales, argiles, savon au lait d'ânesse, gel d'aloe vera, bol chauffant, c'était parfait pour démarrer.... Alors pourquoi le bilan est si catastrophique? Pourquoi cette commande prend la poussière au fond de mon armoire et que je me tartine toujours d'un bon nombre saloperies?

Au fond, la réponse est simple : qu'on est une étudiante et qu'on doit se taper 30 heures de cours en semaine, c'est la merde : on n'a pas de temps et pas sous, et on a juste envie de rendre sa vie moins merdique. De la  boue dans les cheveux en guise de shampoing et un savon puant faisant office de réveil matin, au bout d'un moment, mayday! mayday! J'ai enchaîné 3 savons d'alep et pis un matin, j'en avais plus alors j'ai chopé le gel à douche à mon frère. Pis, j'ai sauté sur mon ancien shampoing et j'ai carrément embrassé mon p'tit Marseillais en envoyant un coup de boule à Yannick Noah et sa crème au beurre Ecoute ta Nature! S'il te plait contente toi de chanter pieds nus, mec. Bref, je suis faible, j'ai craqué.... Mais vous savez, oh que c'était bon! Oui! C'est comme si je m'étais coltiné de la soupe au choux  depuis des jours et que tout d'un coup,  j'ai envoyé valser l'assiette contre le mur et que j'ai couru m'acheter des muffins au chocolat au coin de ma rue. DÉLIVRANCE. EXTASE. BONHEUR. 


Oui, ça m'a fait du bien de retrouver des odeurs bien parfumées et gourmandes ainsi que des textures onctueuses, crémeuses et fondantes. Ca m'a fait du bien de me laver à nouveau les cheveux rien qu'en 3 minutes. Alors qu'est-ce que tout ça signifie? Ai-je mis la barre trop haute? Est-ce que la cosmétique naturelle n'est pas un si bon choix que ça? Et si finalement la cosmétique que j'ai toujours connu était ce qu'il y avait mieux pour satisfaire mes attentes de consommatrice? Aujourd'hui, ne vivons pas nous dans une société ayant une dynamique qui influe sur nos choix et désirs?
Surconsommation, diktat de l'esthétique, course contre la montre, voilà dans quoi on baigne depuis plus d'une cinquantaine d'années. La montée en puissance d'une dictature  de l'esthétique associée à un écrasement de notre  emploi du temps au fil des années ont eu pour conséquence indéniablement qu'en tant que consommateurs, on veut des jolis produits qui sentent bons, glissent sur la peau et font preuve d'une certaine efficacité et rapidité en matière d'utilisation. Oui, on veut du COSMETIC FAST-FOOD. Et ça la cosmétique conventionnelle nous l'offre sur un plateau d'argent, accompagné de champagne et de caviar. Alors Madame, vous avez choisi? Vous prenez quoi? -Je vais prendre un menu shampoing anti-pelliculaire et gel douche pour peaux sèches. Avec ou sans fleur de douche? -Euh, avec... Et quel parfum le gel? -Vous avez, quoi comme parfums? Vanille, chocolat, fraise -Je vais prendre Fraise! D'accord, ça sera tout? -Oui! Ca fait 4,99€, s'il vous plait.


Comment résister à toute cette facilité?  Et quand on y comprend rien à ce qui se trame derrière les portes des usines, est-ce qu'on se pose même réellement la question? Voilà votre commande. -Merci! On consomme, pis c'est tout. Et puis ai-je vraiment renoncé à ma surconsommation évidente de cosmétiques? En ce moment, je teste des produits et j'utilise 8 savons différents. Parce que c'est ça aussi le chemin vers une meilleure consommation. Mieux consommer, ce n'est pas simplement se choper des huiles de je ne sais quel île ou montagne du pacifique, c'est également faire l'effort de ne pas faire des collections  de cosmétiques digne d'un vieux riche dégueulasse. En tant que blogueuse et butineuse incorrigible, je suis amené à tester encore et encore des produits. Comment concilier une telle activité et des attentes de consommatrice avec une approche que je revendique respectueuse de mon corps et inévitablement de mon environnement?

Tout ça, pour vous dire quoi au final? Choisir le naturel, est-ce mieux consommer? Oui, même si certains produits ne sont pas adaptés à tout le monde et requièrent un niveau de connaissance afin de correctement les manipuler comme les huiles essentielles, les produits naturels sont respectueux de l'épiderme, des cheveux, et de l'environnement. Peut-on vraiment se contenter que des produits naturels? Bien sûr que oui mes cocos! C'est ce que font les femmes de contrés lointaines : toute l'année, rhassoul sur la tête, beurre de karité bien jaune pour s'hydrater le corps, savon d'alep pour se laver, what elsePourrais-je moi m'en contenter?  Non. Ah non! Car ils n'apporteront jamais une satisfaction complète vis-à-vis de ce que j'attends de mes cosmétiques pour la simple raison qu'il est hors de question que j'abandonne ce plaisir de me tartiner le corps d'une délicieuse crème au parfum d'amande ou de monoï. En plus, je m'étais promis au début de cette aventure de ne jamais me mettre dans un état de privation.

Est-ce que j’abandonne alors ce projet? Oh, mais vous avez bu ou quoi? Non! Je ne peux pas avec toutes les informations que j'ai accumulés sur l'industrie de la cosmétique et tout ce qu'il nous foute dans nos pots de crème (silicones, parabens, sulfates, chlorhydrate d'aluminium, PEG, EDTA tetrasodium...) revenir tout bonnement à mes anciennes habitudes. Non, mais! Et puis, je me suis découverte une petite passion concernant cette quête de secrets de beauté de ces femmes d'ailleurs qui vivent dans la simplicité et proches de Dame-Nature. C'est un voyage à travers les pays et cultures sans bouger de mon lit! Comment laisser tomber ça? C'est trop enrichissant! Alors je fais quoi? Nouveau départ, mes chéries!

Je suis  bien consciente désormais  de 2 choses : cette aventure lorsqu'on décide de s'y mettre est un long parcours qui s'étend sans doute sur des années et sa réussite n'est possible qu'à la condition d'un bon équilibre et progressif entre produits naturels, d'origine naturelle artisanale (c'est à dire la cosmétique maison, fermes, coopératives) pour satisfaire cette nécessité dont on a besoin de texture agréables tant au toucher qu'à l'odorat, d'origine naturelle industrialisé (cosmétiques bio&co en grandes surfaces) et conventionnels, ces 2 dernières catégories sans doute disparaîtront quand j'aurais parfaitement maîtrisé la tambouille dans mon p'tit appartement. Quand mon aventure part en sucettes... ben, je reprends le taureau par les cornes!
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"Peau noire, Cheveu crépu, histoire d'une aliénation" de Juliette Smeralda

Hier soir, ma meilleure amie m'a envoyé un lien avec pour titre "à méditer..." sur facebook.  Depuis quelques mois déjà, elle suit mes aventures capillaires. L'ayant fait découvrir à travers des vidéos et articles, comment on pouvait bien s'occuper de ses cheveux défrisées, elle a décidé elle aussi de revenir aux cheveux crépus suite à mon retour au naturel. Elle est en transition. Dans ce lien qu'elle m'a envoyée, j'ai découvert l'interview d'une femme dont j'avais entendue vaguement parlée : Juliette Smeralda. En fait, c'est une sociologue martiniquaise qui s'est spécialisée dans l’interculturalité et la sociologie de dominance, ainsi que sur les discriminations raciales, ethniques, de genre, et les traitements socio-culturels du corps. Ce dernier point a particulièrement retenu mon attention puisque je m'intéresse depuis peu à l'histoire des idéaux de beauté à travers les siècles, les cultures, les sociétés et de ses impressions sur le corps de la femme. Juliette se fait connaître en 2005 suite à la publication de son ouvrage "Peau noire, Cheveu crépu, histoire d'une aliénation". Dans celui-ci, elle traite de l'historique du peigne africain, de la coiffure africaine, des méthodes de modification de la structure et de la couleur du cheveu crépu et de la peau noire. Dans l' interview ci dessous, elle nous éclaire sur les problématiques du défrisage et ce que semble s'y cacher derrière. Je l'ai lue et j'avoue avoir été surprise de découvrir tout un historique dont j'avais pas conscience et qui m'a réellement donné envie de me procurer son livre. Non, je ne suis plus dans une quelconque revendication, ni une quête de soi comme je vous l'ai dis précédemment. C'est simplement que je suis très curieuse de nature et que je ne me contente jamais de ce que je sais déjà. 

Interview de Juliette Sméralda, sociologue. Auteur de "Peau noire, cheveu crépu, Histoire d’une aliénation". 


1. Pourriez-vous décrire les grandes étapes (historiques et sociologiques) de l’apparition du défrisage ?

Le phénomène du défrisage, ou encore du « lissage » du cheveu crépu, dans les formes qu’il emprunte depuis la fin du 19e siècle semble être éminemment lié à l’esclavage des Noirs dans les Amériques. Le défrisage à froid – qui est la forme la plus « évoluée » du phénomène – est la dernière phase d’une technicité qui n’a eu de cesse de se perfectionner depuis la seconde moitié du 19e, lorsque les Noirs – y compris les femmes -, commencent à avoir accès à l’éducation et au savoir et qu’ils vont se charger de mettre au point les différents procédés qui seront l’aboutissement des défrisants modernes, dont les contenus se distinguent essentiellement par la différence de dosage de leur teneur en ammoniaque. Cette technique révolutionnaire a été précédée du défrisage à chaud qui, lui-même, a été précédés d’ancêtres bricolés mais dont le trait commun n’a jamais cessé d’être le lissage du cheveu crépu.

2. Selon vous, ce basculement des canons esthétiques opéré au moment de l’esclavage est symbolisé par « la perte du peigne ». Pouvez-vous nous en dire plus ?

L’arrachement de l’Africain de sa matrice, sans aucun des accessoires nécessaire au coiffage de son cheveu et au soin de sa peau, le regard très négatif que le Blanc posera sur ses caractères somato-biologiques, les conditions inhumaines de son asservissement sur des plantations où il travaillait telle une bête de somme sans répit, sans hygiène, sans soins d’aucune sorte, sont les trois paramètres déterminants à prendre en compte pour comprendre le sens du défrisage et de l’éclaircissement. Le fait que ce sens soit "perdu" aujourd’hui ne signifie pas que l’origine du phénomène se soit dissout et que sa symbolique première ne continue pas à véhiculer l’idée que l’Africain et les Afro-descendants ont un complexe d’infériorité face à ceux dont ils "imitent" la texture de cheveu, ou par rapport auxquels ils cherchent à atténuer la couleur de leur peau(Voir page 77 de Peau noire cheveu crépu, où j’expose la question de la perte du peigne).


 Ce sont, de manière très globale, les esclaves domestiques, ceux qui vivent en contact permanent avec les Blancs, qui seront les relais les plus efficaces de la culture corporelle des maîtres qu’ils transmettent aux esclaves des champs. Le fait que cette catégorie d’esclaves vit dans la maison du maître, avec parfois des enfants mulâtres qui ont un cheveu plus frisé que crépu, a fait que très tôt, le colon leur cède des brosses et des peignes usagés, afin qu’ils soient "présentables", puisqu’ils vivent dans sa maison. Ce n’était pas seulement l’usure de ces accessoires qui explique les problèmes qu’ont eu les esclaves à s’en servir, mais leur inadaptation à la structure même du cheveu crépu, pour le coiffage duquel les Africains ont inventé le peigne afro, dont je décris les principales qualités dans mon ouvrage (p.76-77).

Comparé au peigne afro à grosses dents bien écartées, aux pointes délicatement arrondies pour démêler en douceur le cheveu crépu, le peigne des Blancs est à petites dents plutôt serrées, et adapté au coiffage d’un cheveu lisse ou ondulé. Il n’est pas difficile de s’imaginer le contexte dans lequel prend naissance ce que l’on nomme l’aliénation de l’Africain envers son cheveu : Ce n’est pas le maître qui se sert du peigne afro, mais l’Africain qui se sert de celui du maître. Il n’en faut pas plus pour que l’exercice qui consiste à coiffer le cheveu crépu avec le "mauvais" peigne se transforme en une opération-torture. Le phénomène touchera les générations successives et constituera le prétexte idéal à la décision d’en "supprimer" la texture-qui-fait-souffrir certes, mais que les Africains avaient bel et bien appris à trouver "laide" et "courte". J’expose, p. 98, en détails cet aspect de la problématique.

3. En quoi, selon vous, la pratique du défrisage a une dimension culturelle concernant les peuples noirs ?


Si l’on convient que tous les Noirs – plus généralement, toutes les personnes au cheveu crépu – se défrisent, cela revient à reconnaître une dimension socioculturelle à cette pratique, puisque le caractère racial qui l’entérine- le commun dénominateur – est la texture crépue/frisée du cheveu. Le fait que, par ailleurs, ce phénomène voit le jour à un moment critique de l’histoire du peuple noir, permet de le dater historiquement dans la diaspora afrodescendante et dans les sociétés africaines continentales, qu’il touche près d’un siècle plus tard, dans les années 1970. parmi toutes ces composantes du peuple noir, s’observe très souvent une difficulté à composer avec la texture crépue de leur cheveu, comme si celle-ci ne pouvait se combiner à ce qu’elle regarde comme la « modernité », qui revêt l’apparence du clair (peau) et du lisse (cheveu).

4. D’après vos diverses recherches, comment les femmes noires justifient-elles la pratique du défrisage ?


L’argument récurrent est celui de la facilitation de la coiffure. Vient ensuite celui du plus grand choix de coiffures qui est attribué au cheveu lisse (alors qu’en réalité c’est le cheveu crépu qui présente ce potentiel). L’on peut ajouter à ces deux critères principaux d’ordre fonctionnel, deux autres subsidiaires mais non moins éclairants, qui sont la modernité, et la beauté. Ce sont des jugements de valeurs qui apprécient le cheveu crépu à partir de canons esthétiques empruntés à la culture dominante. Ils sont donc axiologiques.

5. Selon vous, la pratique du défrisage, généralisée, et celle de l’éclaircissement, plus marginale, sont –elles du même ordre ?


Oui, le défrisage et l’éclaircissement de la peau sont toutes deux des pratiques désidentificatrices, dans la mesure où elles procèdent du même souci de "supprimer le stigmate". La peau noire et le cheveu crépu occupant, dans la culture occidentale d’abord, et dans celle des peuples dominés par les canons esthétique de celle-ci, le statut de "stigmates". La fréquence plus ou moins élevée (aspect quantitatif) de la pratique ne lui enlève pas sa signification sociologique. A l’origine, les Africains mis en esclavage se sont attaqués au cheveu crépu, qui était le caractère somato-biologique qui faisait le plus horreur au Blanc et qui posait aux porteurs eux-mêmes le plus de problèmes. Par ailleurs, le cheveu est une fibre très résistante, capable de supporter des traitements "maltraitants" un certain temps. Les abus et les choix de produits expliquent les alopécies partielles ou totales et les attaques du cuir chevelu…

 La peau, en revanche, est extrêmement fragile, et même ignorants, beaucoup de gens savent de manière intuitive combien il est facile de lui faire mal et de se faire mal. Elle couvre, qui plus est, l’ensemble du corps : il faut donc être bien avisé pour s’attaquer à elle. Les personnes qui ne le sont pas, sont celles qui souffrent actuellement de maladies cutanées graves, causées par l’abus de dermocorticoïdes et autres substances concoctées chez elles… L’on se trouve là dans le même cas de figure que celui du bronzage : il y a des amateurs qui s’exposent au soleil, sans tenir compte des conseils du corps médical, en sous-estimant le potentiel pathogène de leur engouement ; et puis il y a les personnes avisées, qui bronzent "raisonnablement".

6. Votre ouvrage traite du rapport des peuples noirs à leur propre image. Où s’arrête la pratique esthétique et où commence l’aliénation ?


C’est là une question fondamentale, lorsque l’on s’intéresse aux problématiques identitaires. Le peu de recherches dont l’on dispose dans ces domaines – et ceci malgré l’importance que continue à revêtir le mouvement de la Négritude -, semblent indiquer que le Noir connaît peu ou mal son image. Je pense qu’il faut appréhender cette réalité à partir de caractéristiques culturelles avant d’en parler en termes d’aliénation.

 Il faut cependant convenir que cette situation a généré des formes d’aliénation qui sont de trois types : • Les sujets Noirs ne semblent pas gênés de se projeter dans des supports culturels desquels leur propre image est complètement absente (magazines, télés, institutions administratives dans les DOM-TOM dirigées par des Français de l’hexagone…)

• Les sujets Noirs ne semblent pas avoir de problème à pratiquer des religions du livre (christianisme majoritairement) dont toutes les icônes sont représentées par des Caucasoïdes (Blancs), tout comme ils ne semblent pas dérangés par la représentation du démon en personnage auquel ils s’identifient inconsciemment, puisqu’il est de leur couleur.

• Les sujets Noirs ne semblent pas avoir de problème à offrir des poupées blondes à leurs filles : partout, il est donné à voir des petites filles noires câlinant des poupées blanches et coiffant leurs cheveux généralement longs et blonds. Les parents de ces enfants ne semblent pas se rendre compte que c’est par ce vecteur que se transmet l’aliénation (l’enfant renie ses propres caractères raciaux) et qu’ils sont à l’origine de cette situation. La petite fille, par exemple, n’apprend pas à jouer avec le cheveu crépu – que pourrait porter une poupée qui lui ressemble -, et elle grandit avec la croyance que son cheveu qu’elle ne sait pas traiter est un handicape à sa beauté, et cela d’autant plus facilement qu’elle porte en elle la « mémoire » du cheveu de la poupée qu’elle a manipulé des années durant.

7. Quel est, d’après vous, le rôle de l’industrie cosmétique ? Est-elle à l’origine de cette aliénation ou ne fait-elle qu’en profiter ?


 J’ai signalé plus haut, que ce sont les Afro Américains qui, dès le dernier quart du 19e siècle, ont mis au point les cosmétiques que s’appliquent leurs congénères, avant d’en étendre l’industrie à l’échelon national, puis international… L’industrie de la cosmétologie n’est certainement pas directement « responsable » de l’aliénation des Noirs, mais le fait qu’elle en soit un partenaire très actif, car elle profite ainsi d’un marché juteux, autorise à penser qu’elle l’entretient - et, par la recherche dont profite ce secteur de pointe, les produits offerts aux consommateurs, par leurs performances, leurs emballages attrayants, leurs parfums, leur « modernité » -, qu’elle se laisse très difficilement soustraire les énormes profits qu’elle en tire.

8. Que pensez-vous des personnes qui reviennent au cheveu naturel par « militantisme » ? 


C’est une démarche qui demande une force de caractère extraordinaire. Lorsque les femmes qui se défrisaient ont à réapprendre à vivre avec leur texture naturelle, elles qui ont perdu l’habitude de les aimer tels quels, de les coiffer patiemment, de les soigner avec les accessoires adaptés, etc… c’est de processus de réinvestissement affectif qu’il faut faire état. Toutes n’y arrivent pas, la pression sociale leur paraissant insupportable. Celle qui y arrivent sont préparées psychologiquement à repartir à la conquête de soi. Pour s’aider, certaines s’investissent d’un discours militant, démonstratif et justificatif qui leur permet de résister au risque d’une éventuelle rechute… Passer le cap de l’acceptation pleine et entière de soi, elles n’ont plus besoin de l’artifice du militantisme pour assumer leur caractère racial : elles vivent désormais en paix avec leur cheveu et cela va généralement de pair avec une acceptation pleine et entière de leurs corps.

9. Le principal problème de cette aliénation n’est-il pas tout simplement le manque d’information, à la fois sur la nature du cheveu crépu, sur ses qualités et son potentiel ? 

Bien sûr, les aspects que vous soulignez sont importants, mais bien des femmes ont les informations qu’il faut, sans pour autant se détacher des pratiques esthétiques désidentificatrices. Je crois cependant que ce travail d’information doit être poursuivi, de manière à toucher les personnes qui n’en ont pas encore bénéficié. Cette tâche devrait s’accompagner d’une véritable recherche en rapport au potentiel du cheveu crépu, aux traitements contemporains auxquels ils se prêtent avec aisance, aux modèles dont la finalité serait d’inspirer les femmes qui auraient envie de les essayer, voire de les adopter… Et puis, pourquoi ne pas revisiter les trésors de coiffures qu’offraient l’Afrique matricielle, il y a encore peu ?

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Cheveux naturels : lorsqu'on tombe dans la revendication et la justification...

Cette semaine, mon zafro fête ses 8 mois et je suis heureuse de l'avoir toujours près de moi. J'ai souvent voulu tout arrêter, abandonner... des moments de doutes où je me disais : mais pourquoi je fais ça? Qu'est ce que je cherche tant à prouver? Oui, on peut le dire, revenir à ses cheveux naturelles, ce n'est pas facile. En parallèle de l'acquisition d'une nouvelle texture longtemps ignorée, on est envahi par tout un tas de sentiments pas toujours évident à  comprendre et à maîtriser. Certaines ne passent pas par tout ça et avancent sans poser de questions. Mais beaucoup d'entres nous se voient confrontés à des émotions  qui s'enchaînent, s'entrecroisent, se nient, s'embrassent, s'allient et se contredisent... Euphorie, bien-être, excitation, légèreté, allégresse, découragement, incertitude, hésitation, appréhension, regret..... Autant de mots pour exprimer ce qu'on voit lorsqu'on fait face tous les matins à son miroir, jour après jour.  Y a quelques mois, lorsque que je suis sortie de chez le coiffeur, j'étais euphorique et toute excitée. J'avais juste envie de dévorer le monde et tout ce qu'il contenait. Mais si cette excitation s'est peu à peu fissurée face aux incertitudes  et découragements, ce goût du changement, de l'inconnu ont forgé en moi profondément la conviction d'avoir fait ce qu'il fallait  me remplissant ainsi de bien-être, de fierté et je dois avouer aussi.... beaucoup d'arrogance.  Moi, j'avais tout compris. Je m'étais enfin réveillée de l'ignorance tandis que celles qui marchaient autour de moi y baignaient encore. Je marchais la tête haute et nue dans les rues, n'hésitant pas à regarder avec dédain ceux qui m'observaient avec curiosité. Allez-y, toute manière, vous ne pouvez pas comprendre ce que vous ne connaissez pas. Cette arrogance, cette force intérieure, cette revendication de soi, je l'ai gardé profondément en moi pendant ces longs 8 mois. Mais pourquoi... Pourquoi ai-je nourri une telle fierté envers moi-même et un tel mépris envers celles à qui je ne ressemblais plus? Aujourd'hui, à l'heure où je savoure enfin l’évanouissement de tous ces murmures intérieures de protestation, je comprends. Je détiens enfin une réponse. Lorsque les doutes m'envahissaient et le désir d'abandon se profilait à l'horizon, j'allais m'abreuver sur la toile de jolies coiffures et de discours pour maintenir en moi et face à la pression des autres le désir de rester naturelle . Mais si les jolies coiffures possédaient en elle une absence totale d'opinions, les discours eux étaient teintés subtilement de jugements, de stéréotypes qui au fur à mesure me faisaient basculer de ce qui a de plus dangereux en matière de quête d'identité : chercher ce qu'il y à penser, de s'en imprégner et à son tour d'en faire une généralité implacable. En m'éloignant de l'emprise  d'un diktat de beauté, celui de la femme noire qui se défrise toujours les cheveux,  je suis tombée dans un autre : celui de la femme noire qui se doit toujours d'être naturelle pour correspondre à ce qu'elle est censée être.... Heureusement que je m'en suis éloigné...
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La Rolls Royce des gels capillaires : J'ai dénommé Eco Styler Gel!

Etre une fouine a des avantages non négligeables. Outre le fait de savoir tout sur tout le monde, en mode "biatch" quoi, on est toujours celle qui déniche les bonnes affaires. Et quand en plus de ça, on est blogueuse, bah, que des sous économisés, mes chéries!  Ben ouais, on parcourt en quelques minutes les sentiers de la blogosphère et en moins de deux, on sait que cette crème sur laquelle on lorgnait depuis des siècles, ben au final elle peut bien pourrir sous l'étagère poussiéreux de ce maudit magasin! C'est ainsi que dans une récente séance intensive de fouinage virtuelle, je suis tombée sur un gel dont un bon paquet de filles jurent être la Rolls Royce des gels capillaires! J'ai dénommé Eco Styler Gel! Son nom ne vous dit rien? Bah, vous craignez, là! Ahahahah...bon....personne ne rit...je vais peut-être arrêter mon cirque. Ben, alors entrons dans le vif du sujet. Eco Styler est une marque américainede gels. Bon, jusque là rien d'impressionnant, je vous l'accorde. Mais en fait, elle est en vérité le Saint-Graal des nappys : twist-out, bantu-knots, fro hawk, afro puff... Autant de coiffures que beaucoup de filles réussissent parfaitement grâce à ce pain béni des dieux! Et pour avoir parcouru des dizaines galeries des coiffures obtenues avec ce gel, je peux jurer que c'est de la bombe. J'ai carrément bavé comme une demeurée devant mon ordinateur! Mon pauvre clavier... C'est incroyable une fois qu'on a maîtrisé les techniques et qu'on a les bon produits, ce qu'on peut réaliser sur des cheveux crépus. Ben sérieux, la coupe afro boule n'a qu'à bien se tenir! Et maintenant que mes cheveux ont bien poussé et que je détiens cette pépite d'or capillaire (vous ne pensez quand même pas que j'allais laisser ça me passer sous le nez?), c'est juste parfait. Il existe plusieurs Eco Styler, certains colorés et d'autres pas, mais ils ont tous l'avantage d'être sans alcool, donc ne  pas dessécher horriblement les tifs. Moi, j'ai d'abord acheté le jaune à l'huile d'argan puis ayant constaté des résidus blancs une fois mes cheveux secs, j'ai opté pour l'Eco Styler noir qui lui marche du tonnerre et ne dépose aucune trace à condition de ne pas en mettre des tonnes Je l'ai testé hier soir et j'ai été vachement heureuse ce matin de me retrouver des petites jolies bouclettes au lieu de ma tignasse touffue habituelle. La vieille, j'avais fait des fines vanilles (enroulement de 2 brins de mèches) une fois mes cheveux enduits de gel, puis le matin je les ai défait. Je le referais dans la semaine et promis, i will whip my hair back and forth devant vos yeux! Au niveau de la qualité, on a une texture gélifiée marron foncée et une odeur proche d'un gel douche basique pour hommes. Donc si vous êtes à la recherche d'un bon gel pour maîtriser vos cheveux crépus, je vous conseille vivement le gel Eco Styler noir qui ici à Bruxelles est disponible à Matonge, le quartier africain, où vous retrouverez aussi les autres variantes. Le mien m'a coûté moins de 2€ pour 340g. Moins chère, tu meurs moussaillon! 

Présentation : 
  • Tenue maximum
  • Idéal pour les cheveux relevés, attachés et torsion
  • Offre un éclat vibrant
  • Aucune poudre, résidu collant
  • Ingrédients : Water, Carbomer, Carmel, Hydrolysed Wheat Protein, PVP, Glycerin, Triethanolamine, Sodium Hydroxymethylglycenate, Polysorbate 20, Tetrasodium EDTA, Fragance 
Je n'ai pas envie de me prendre la tête concernant la composition des ingrédients de mes cosmétiques en ce moment. Je suis convaincu à présent que vouloir à tout prix le naturel pour prendre soin de son corps conduit soit à la paranoïa ou soit dépenser un tas de blé dans tout et n'importe quoi. L'important pour moi maintenant est d'avoir en mains les bons produits pour mon corps et mes cheveux et ensuite, éliminer ceux qui présentent des substances que je ne veux pas au fur et à mesure. 
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Test Lush : Après-shampoing solide Jungle



Il est minuit et je crève la dalle! Je dois ranger ma chambre, mes notes et prendre une douche. Et dans une heure, faut que je me mette au lit sinon je serais incapable de me réveiller demain matin....ou plutôt j'envoierais mon réveil s'écraser  contre le mur d'un coup de pied histoire qu'il la ferme! Donc je vous donne mon avis toute de suite de l'après-shampoing  solide Jungle et je file! Liste des ingrédients et Description ici. 4,95€/55g

Roulement de tambours....Alors...Ben, je suis très déçue, les cocos! Et dire que la forme solide et le beurre de cacao en tête des ingrédients, m'avaient attirée! Je m'attendais une fois mouillée à ce qu'il soit crémeux et fondant au creux des mains. Que nenni! Je me suis acharnée comme une tarée en le frottant dans mes mains! Certes il s'use et devient laiteux au contact de l'eau, mais il manque cruellement d'onctuosité. Ayant les cheveux crépus qui sont fragiles, denses et secs par nature, j'évite de les frotter comme une sauvage quand je me les shampouine. Je frotte d'abord le liquide entre mes mains afin d'obtenir une mousse que je passe ensuite délicatement sur les cheveux et le cuir chevelu.  Mais avec ce jungle, je préfère partir à la recherche du marsupilami, tiens! Sérieux, j'ai les mains douloureuses à force de frotter ce bout de...... oui, bon...hum hum... je reste polie. Je disais donc qu'il faut vraiment le faire glisser directement sur sa tignasse bien mouillée si vous ne voulez pas perdre bêtement du temps à essayer d'avoir assez de produit dans les mains. Avec mes cheveux crépus, vous imaginez donc le temps que ça me prend pour bien m'en imprégner. Un mot : chiant! En plus, j'aime pas du tout son odeur! Certes il a l'avantage de sentir bien fort et longtemps même après rinçage, mais je ne suis pas du tout emballée. Je l'ai fait sentir à mon frère et mes soeurs, et ils ne savent pas mettre un mot sur ce parfum!  C'est une odeur aigre d'agrume... quelque chose comme ça. C'est le mieux que je puisse vous dire. Ce qui est chouette par contre, ce qu'il se rince assez facilement et qu'il redéfinit trop bien mes boucles! Mais au final, il n'a pas un pouvoir démêlant exceptionnel, sans doute à cause de mes cheveux secs et denses qui nécessite plus une texture liquide. Et puis, il lui faut une boîte! Décidément, avec ces produits sans emballages, je ne sais plus où foutre décemment tous ces blocs une fois mouillés dans ma chambre puisque certains d'entre eux accumulent de l'humidité dans la salle de bain (gouttelettes d'eau à la surface des savons). Et il est hors de question que je m'achète les boites métalliques de rangement lush à 2€/pièce ou des centaines de porte-savons! Non, mais! Ce n'est pas écrit banque mondiale sur mon front! Bref, pas pratique, pouvoir démêlant minime, pue l'anti-moustique...
Direction : POUBELLE.
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